Salon : Data XIX

27 March 2013

  • ENSEMBLE ALLOGÈNE
  • BENJAMIN J. ALLARD
  • MAXIMILIEN BIANCHI

"Solo", une performance de trois oeuvres donnée par l'ensemble Allogène, explore la façon dont un individu s’approprie l’espace qu’il habite. Dans son film Soundwalk, Andrés Salas explore l’environnement sonore de Vancouver à travers les oreilles de la compositrice canado-allemande Hildegard Westerkamp (1946). Andrés y redécouvre les endroits où Westerkamp a enregistré, il y a quarante ans, ses soundwalks et y superpose des images contemporaines de la ville Vancouver. On y entend également la voix de Westerkamp elle-même, enregistrée en conversation avec Andrés. Pour "I’m sitting in a room" d’Alvin Lucier, Daniel Añez enregistrera sa propre voix. Il fera ensuite jouer cet enregistrement dans la pièce et l’enregistrera. Ce processus sera repris en boucle. Suite à chaque enregistrement, la clarté de la voix se perdra et les fréquences résonnantes naturelles de la salle seront de plus en plus présentes jusqu’à ce qu’on n’entende plus qu’elles et le rythme du texte original. Finalement, dans [n] de Daniel Leguizamón, Émilie Girard-Charest jouera du violoncelle cinq fois en même temps : quatre fois ont été préenregistrées sur vidéo et une fois se déroulera en direct. Structuré à partir de canevas d’improvisation ayant une forme fixe, [n] consiste en une série d’activités, certaines étant sonores et d’autres non, choisies par la soliste. Dans cette pièce, Leguizamón explore la relation qu’entretient la soliste avec son environnement, le passage du temps, ses goûts ainsi que les liens entre ces différents éléments. 


"16/11/11 - 27/03/13", de Benjamin J. Allard et Maximilien Bianchi, est une œuvre interactive recherchant dans le passé des technologies de communication quelque chose sur le rapport entre l'homme et ses archives. Le but dans cette œuvre est de faire cohabiter le bagage culturel de trois technologies du son : la radio, le téléphone et la bande magnétique.Pour ce faire, les artistes utilisent la rhétorique du laboratoire : ainsi le spectateur devient archéologue et reconstitue sa propre histoire des technologies présentées. Laissant l'interprétation de l'œuvre au spectateur, Allard et Bianchi veulent ouvrir la voie à une réarticulation de ses connaissances afin d'explorer son lien affectif à ces technologies. Ce processus fut motivé par une attitude anti-humaniste, visant à réduire la place qu'habituellement l'homme prend dans ses représentations. Les artistes croient en effet que notre histoire ne soit pas uniquement influencée par des actions humaines et ils désirent comprendre l'importance de l'impact technologique dans la culture. C'est pourquoi ils donnerons à chaque technologie une voix qui lui sera propre pour entrer en dialogue avec le spectateur.

Gratuit

27 March 2013