*~._.:*jEnNiFeR X JeNniFeR*:.~*

19 September - 16 October 2013

  • Vernissage: 19 September 2013, 18:00
  • Discussion modérée avec les artistes: 21 September 2013, 16:00 - 18:00
  • Heures d'ouverture: Mar. - Dim., 12h - 17h
  • Jennifer Chan
  • Jennifer Cherniack

*~._.:*jEnNiFeR X JeNniFeR*:.~* est une exposition qui présente le travail récent des artistes émergentes canadiennes Jennifer Chan et Jennifer Cherniack. L’ensemble de leurs œuvres illustre un phénomène récent dans la culture numérique: une appréciation sans limite du début des années 90, une période où les médias de communication étaient radicalement réinventés et la société moderne complètement transformée par l’Internet.

Alors que l’enthousiasme post-Internet nous suggère une réinterprétation nostalgique de la décennie du modem téléphonique (pensez au début des effets de Photoshop, aux couleurs fluos, chromées et brillantes), les travaux de Chan et Cherniak fouillent dans les tropes culturels qui ont alimenté les premiers jours du Web. Les travaux présentés dans l’exposition confrontent le spectateur avec les mécanismes à l’œuvre derrière la production d’images sur Internet. Le type de stratégies commerciales (pensez à Google), d’autoportraits photographiques (pensez aux « selfies »), l’utilisation des réseaux sociaux par les ados (pensez à Instagram), et les mélodrames de bas étages (pensez aux mèmes de célébrités) auxquels nous sommes devenus indifférents, traversent de part en part les travaux de Chan et Cherniack.


En surface, leur travail reproduit l’esthétique de la culture pop et de la publicité ; pourtant, leurs vidéos, performances, textiles et projets textuels construisent une critique subtile des stratégies de communication en ligne hétéro-normatives et aux implications plus larges des genres sur le Web. De la messagerie instantanée à ses débuts (ex : ICQ) aux sites actuels de clavardage utilisant la webcam (ex : Chatroulette), notre socialisation en ligne est atténuée par une commercialisation de masse des fantasmes d’adolescents – une vie constituée de rencontres, de magasinage et de fêtes – tout ceci dans un effort d’attirer le sexe opposé. Alors même que la cible de la jeune adolescente – sous la forme d’une fervente consommatrice – représente une portion significative du pouvoir d’achat sur Internet, rarement la jeune femme est présentée comme productrice de contenu.

L’exposition *~._.:*jEnNiFeR X JeNniFeR*:.~ ne tente pas de concilier la question de la représentation de genres distordue présente sur (et à travers) le Web . À travers les œuvres de Chan et Cherniack, l’exposition essaie de naviguer dans l’épaisse brume de nos interactions sociales réifiées, et de découvrir les stratégies qui défient les structures capitalistes colonisant nos vies intimes et privées.

*~._.:*jEnNiFeR X JeNniFeR*:.~* est aussi présenté dans le cadre du FNC Lab (Festival du nouveau cinéma).


JENNIFER CHAN
Ce nouveau corps de travail de Jennifer Chan est constitué par de nouveaux remixes de vidéos vernaculaires et des installations spatiales qui traitent de la négociation de la masculinité dans la culture numérique. Le travail vidéo dans cette exposition consiste en une série de « mixtapes visuels » qui emploient l’esthétique du diaporama vernaculaire, afin de capturer la culture du Net et de présenter ces « extraits trouvés » sous une forme satirique.

« P.A.U.L. » est une vidéo musicale « anime », constituée d’extraits de performances live provenant de vidéoclips de musique. Cette vidéo dépeint les idéaux que se fait un jeune homme gay à propos d'un rendez-vous romantique parfait. Des images de Yaoi et d'autres vidéoclips, à l'esthétique Queer, sont montés dans un style frénétique. Cette fiction porte sur un récit d'amour entre trois hommes. Les clichés y sont exagérés, l'amour étant souvent caricaturé dans la culture des médias comme étant une représentation universelle et omniprésente du bonheur.

« Young Money » est un vidéo remixe qui utilise les icônes du hip hop et de la culture des adolescents, tels que le Red Bull et la pizza, afin de critiquer la prédominance de l'archétype du mâle blanc « programmeur » dans les nouveaux médias. Installé dans de larges moniteurs penchés, la vidéo sert de contrepoint à la vidéo « Boyfriend ». Cette vidéo à propos de la diaspora est-asiatique, aborde une variété de point-de-vues sur l'amour et la masculinité. « Boyfriend » est une vidéo qui combine des extraits d'images filmés par webcam sur YouTube, illustrant la domination de la masculinité est-asiatique. Jennifer Chan a recours à des images de popstars-K, de popstars-J, de membres de la diaspora taiwanaise, ainsi que d’icones de la Cantopop, qui ont été rendues sensationnelles suite à une reprise en mandarin du succès pop de Justin Beiber, « Boyfriend ». Elles sont juxtaposées avec des images d’amateurs de jeux vidéo « nerds » afin de traiter des aspects superficiels de l’archétype romantique, mis en performance, de l’amant hétéro mâle asiatique.

La quatrième œuvre vidéo, « *A Total Jizzfest* », célèbre et critique de manière similaire la masculinité blanche techno en offrant une vue d’ensemble des hommes les plus riches et sexys dans l’histoire de l’ordinateur et d’internet.

Finalement, les pièces de textile en microfibre intitulées « Tristan » et « Nicholas », sont faites d’impressions numériques de texte de clavardage recouvrant des images de publicité manipulées représentant des hommes d’Asie de l’Est, dont les corps et regards font sensation dans les communautés de fan Tumblr. Ces images sont manipulées numériquement afin de refléter la perception occidentale des standards de beauté asiatiques qui aspireraient à ressembler davantage aux individus « blancs ». Ces images, simultanément, font référence à des standards de beauté régionaux, rendus homogènes par une uniformisation de la beauté occidentale.

Chan a récemment présenté plusieurs expositions solos, notamment au Salon Marshall McLuhan à l'Ambassade du Canada à Berlin dans le cadre de Transmediale 2013 (Allemagne) et au centre d'artistes Vox Populi (Philadelphie, États-Unis). Son travail a aussi été diffusé au Brooklyn Festival of Performance Art (Brooklyn, US), à Kiasma (Helsinki, FI), au Abandon Normal Devices Festival (Manchester, UK), à Interstate Projects (New York City, US), à la Future Gallery (Berlin, Germany), à Transnumériques (Brussels, BE), au Portland Art Museum (Maine, US), au Trinity Square Video (Toronto, CA), à Images Festival (Toronto, CA), à la Whitechapel Gallery (London, UK) et au Hyperallergic's tumblr art symposium (New York City, US). En 2008 elle a remporté le prix Mississauga Art Awards for Emerging Visual Talent. Ses écrits sur les histoires vagues et les tendances de la culture Internet ont été publiés dans West Space Journal, Rhizome, Networked_Performance (turbulence.org), Art F City, et Junk Jet. Elle détient un HBA en Communication, Culture, Information et Technologie de l'Université de Toronto et un MFA en art vidéo de l'Université Syracuse. Chan est née à Ottawa et a grandi à Hong Kong. Elle travaille actuellement à Chicago.


JENNIFER CHERNIACK
Jennifer Cherniack s'implique dans le monde de l'art contemporain en tant qu'artiste, enseignante et administratrice depuis les années 2000. Dans le cadre de l’exposition, elle présentera son projet le plus récent, « The Hottest Hacker Chicks in Internet History and other Cyber Girls ».

« The Hottest Hacker Chicks in Internet History and other Cyber Girls » est un projet multimédia qui utilise des extraits bien connus de la télévision et du cinéma des années 90 afin de voir comment les premiers utilisateurs du web étaient dépeints et perçus dans les fictions. Le matériel de référence utilisé dans le projet – drame policier, films faits pour la télévision, annonces publicitaires du service public, comédies, et cinéma grand écran – montre que le World Wide Web était, pendant les cinq premières années, disponible pour les consommateurs. Ces extraits démontrent la peur, la prudence, l’intérêt et finalement l'acceptation de cette nouvelle technologie et cela avec un vocabulaire de plus en plus diversifié pour en parler.

« The Hottest Hacker Chicks in Internet History and other Cyber Girls » relève le langage des des débuts du World Wide Web. Même si beaucoup du vocabulaire établi à cette époque fait toujours partie de notre lexique, la façon dont on parle d'internet et de la culture en ligne a changé. Le langage – tant visuel que linguistique – utilisé durant cette époque se révèle maintenant comme transitoire et désuet.

« The Hottest Hacker Chicks in Internet History and other Cyber Girls » examine les différentes permutations de l'effet des représentations populistes des débuts du Web, en mettant une emphase sur les genres, la sexualité et nos relations avec et par le World Wide Web. Alors que le Web actuel est un espace avec un potentiel infini pour l’anonymat, l'expérimentation et l'expression; la télévision et le cinéma nous ont fourni des expériences sexospécifiques du web; différents codes de comportement ont été affectés à la fois aux hommes et aux femmes « utilisateurs ». Presque 20 ans après, ces archétypes d'« utilisateurs », se sont pour la plupart dissipés, mais les vestiges de cette époque peuvent encore être trouvés dans le langage, dans la mode et dans les médias populaires.

« The Hottest Hacker Chicks in Internet History and other Cyber Girls » est composé de plusieurs micros-projets qui s'assemblent pour former un récit plus large sur les archétypes et les codes du Web et donne une occasion de revisiter une histoire qui n'est pas si lointaine.

Cherniack a reçu en 2003 son BFA de l'University of Western en Ontario. Elle a travaillé, en 2004 comme stagiaire à la Peggy Guggenheim Collection. Elle a ensuite déménagé à Toronto et a travaillé comme administratrice et enseignante pour des organisations telles que InterAccess Electronic Media Arts Centre, Regent Park Focus, Gallery 44 et l'Office nationale du film du Canada. En 2009 elle a débuté un MFA en Open Media à l'Université Concordia à Montréal. Elle y a enseigné au BFA et a dirigé des ateliers de développement pour les étudiants. Cherniack a exposé dans divers lieux au Canada et aux États-Unis, passant par des centres d’artistes comme TRUCK Gallery à Calgary, le Centre VU à Québec, dans un train au Nord du Canada et par la New York Art Book Fair. Elle trouve son inspiration dans la télévision et le cinéma, et la culture pop en général.

Gratuit

19 September - 16 October 2013

  • Vernissage: 19 September 2013, 18:00
  • Discussion modérée avec les artistes: 21 September 2013, 16:00 - 18:00
  • Heures d'ouverture: Mar. - Dim., 12h - 17h