Import / Export

  • Exposition: 4 - 31 October 2012
  • Vernissage: 4 October 2012, 18:00
  • Conférence: 21 October 2012, 13:00
  • Atelier: 21 October 2012, 14:00
  • CRAIG FAHNER

Import / Export est la première exposition solo majeure de Craig Fahner. Les travaux, présentées parlent de sa volonté de quantifier et de qualifier un échange émotionnel. À l'origine, il s'agit d'un échange d'énergie, et l'interprétation de Craig à propos de cette interaction objectivée se traduit par une ré-imagination de la manière dont la technologie est expérimentée. Plus précisément, son travail est une exploration de la façon dont la perception auditive et sensorielle du spectateur est influencée vis-à-vis d'une réinterprétation de l'instrument de musique.


Les mots « importation » et « exportation » évoquent la notion de commerce, des marchandises qui franchissent les frontières. Cependant, au-delà du simple échange de marchandises, « Import » et « Export » évoquent un sentiment de mouvement, d'informations qui sont échangées et de flux de données immatérielles qui se déplacent. Le travail de Fahner réussit à relier la nature immatérielle d'un échange affectif à celle d'une expérience viscérale. Ensemble, les quatre œuvres présentées dans Import / Export révèlent les aspects quantifiables embarqués dans un échange – affectif ou viscérale – ainsi que la marchandisation de l'interaction homme-machine. Alternator est une distillation performative d’énergie. En utilisant des dispositifs faits maison qui convertissent la vibration en courant électrique, Fahner a mis en banque des gestes performatifs de diverses durées dans des batteries. Chaque batterie contient une procédure viscérale différente – jouer de la batterie, rouler à vélo au-dessus d’un nid-de-poule, se jeter contre un mur – tel qu’indiqué par les étiquettes sur les batteries. La quantité d’électricité que ces gestes créent est relativement petite ; pourtant leur signification émotionnelle est grande. C’est l'espoir de Fahner que ces objets vont d’une certaine manière contenir l’esprit des actions qui les ont produits, et que l’utilisation de cette énergie facilitera le transfert de cet esprit.


Whorl, créé en collaboration avec Neal Moignard, est un instrument sculptural qui joue en ondes sinusoïdales et qui diffère à chaque contact de main. Whorl décrit la configuration d'une empreinte digitale, une roue, ou un fuseau, se déplaçant sur une plaque vibrante métallique. Les sons qu'il génère frappe les fréquences de résonance de son matériel, dans ce cas, le sel déversé sur le dessus de la surface métallique, créant des nœuds d'activité sur la plaque se déplacent vers les zones passives et les jetant du centre vers les cercles vibrants extérieurs. Le son se révèle comme une force créatrice, de même que le participant, qui laisse son empreinte sur la pièce elle-même.


Fusillade est un travail qui utilise un déploiement d’enceintes ultrasoniques hautement directionnelles arrangées dans une matrice invisible d’intersections pour créer une expérience sonique unique pour chaque spectateur. Inspirée par Lucille Ball, qui a une fois reporté une bien curieuse tournure d’évènements en lien avec un ensemble d’amalgames dentaires qu’on lui avait fait, Fusillade remet en question l’objectivité de la perception. « Une nuit, » raconte Ball, « je suis venue dans la Vallée de l’autre côté du Canyon de Coldwater, et j’ai entendu de la musique. Je suis arrivée pour éteindre la radio et elle n’était pas allumée. La musique a continué d’être de plus en plus forte et j’ai alors réalisé que cela venait de ma bouche. J’ai même reconnu l’air. Ma bouche fredonnait et cognait avec le battement de batterie et j’ai cru que je perdait mon esprit ». Ball a affirmé que ce phénomène était le résultat de l’amalgame agissant comme un récepteur radio, faisant résonner les stations de radio dans sa mâchoire. Bien que Fusillade rappelle l'expérience très personnelle, voire métaphysique, d'une personne qui se croyait capable de canaliser la musique, cette installation audio remet en cause cette subjectivité par le fait de réduire l'expérience musicale à ses simples vibrations soniques.


Finalement, Organ est un ensemble d’instruments joués à travers l’utilisation de capteurs qui détectent les rythmes et signaux physiologiques. L’un d’entre eux, un orgue, utilise la technologie EEG ou électroencéphalographe. Un casque équipé d’un EEG facilite une relation directe entre l’esprit et l’instrument. Des notes sur un organe électrique sont activées puisque les EEG contrôlent le niveau de conscience cognitive du participant. Les tons générés augmentent en complexité alors que le niveau de conscience du participant baisse. L'autre, une batterie, met en corrélation les battements de cœur de deux participants et des rythmes musicaux. Un moniteur de fréquence cardiaque amplifie les battements de cœur des utilisateurs en un set de batterie. Deux utilisateurs peuvent entendre les rythmes syncopés de leurs cœurs en expérimentant la pièce simultanément. Alors que le premier instrument réagit à une augmentation du calme de l'audience, celui-ci répond à l'opposé, cet à dire à une augmentation de l'activité énergique du spectateur.


Plutôt que de permettre une hyper-sensibilisation de l'objet, comme le font souvent les interfaces technologiques, les quatre œuvres exposées permettent une interaction avec une technologie qui favorise une transcendance de la conscience pour finalement se livrer à l'acte de création. En fin de compte, le succès des travaux de Fahner réside dans sa suggestion d'un processus d'appel et de réponse, où le spectateur est touché – physiquement et métaphysiquement – par les mécanismes internes inhérents aux œuvres exposées.


CONFÉRENCE & ATELIER
La biodétection et la musique

En 1965, Alvin Lucier a performé Music For a Solo Performer, une œuvre dans laquelle des capteurs d'ondes cérébrales ont été utilisés comme interfaces pour des instruments de musique. Lucier présentait cette œuvre en entrainant son activité cérébrale et en extériorisant ainsi les fréquences internes de son cerveau à travers la technologie de détection. Depuis ce temps, plusieurs musiciens et artistes utilisent des dispositifs médicaux dans des projets de performance et d'installation interactifs. La conférence de Fahner portera sur l'histoire de ces divers projets et sur l'utilisation de ces technologies, et sera suivie d'un atelier dans lequel Fahner apprendra aux participants comment construire leurs propres capteurs de « biosurveillance ».


Craig Fahner, originaire de Calgary, est un artiste travaillant avec les nouveaux médias. Après avoir joué du thérémine dans un groupe de musique, Fahner s'intéresse à la création d'œuvres interactives utilisant les instruments électroniques. Ses expériences avec le thérémine ont abouti au projet Open Field, une œuvre collaborative présentée dans des endroits tels que l'Atomic Testing Museum au Nevada ou le festival Re:Flux à Moncton. D'autres de ses projets réinterprètent les façons dont les technologies et les instruments de musique sont expérimentés. Ils sont présentés dans de nombreux lieux culturels aux États-Unis et au Canada. Fahner a poursuivi sa pratique avec les médias électroniques à l'Université Concordia, où il a obtenu son BFA en 2010. Il poursuit présentement sa Maitrise à l'Université Carnegie Mellon à Pittsburgh, Pennsylvanie.

Gratuit
  • Exposition: 4 - 31 October 2012
  • Vernissage: 4 October 2012, 18:00
  • Conférence: 21 October 2012, 13:00
  • Atelier: 21 October 2012, 14:00