BPLTC III: Contrôle Alimentaire

14 janvier - 3 février 2016

  • Vernissage: 14 janvier 2016, 18:00
  • Atelier avec Eco Art Tech : 16 janvier 2016, 11:00 - 18:00
  • Heures d'ouverture: Mar - Dim, 12:00 - 17:00
  • ARCANGEL CONSTANTINI & MARCELA ARMAS
  • LEILA NADIR & CARY PEPPERMINT
  • SIGNE LIDEN

Eastern Bloc présente le troisième et dernier volet d’un cycle complet d’expositions et activités 2015-2016, BPLTC, selon la thématique générale des biopolitiques.

Le cycle se décline en 3 volets : Contrôle cellulaire, Contrôle identitaire et Contrôle alimentaire.


Le développement des technologies informatiques et numériques permet aujourd’hui d’établir des contrôles importants sur les activités humaines, répondant à des intérêts financiers, corporatifs et politiques majeurs, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire. Les avancées de la recherche et ses applications technologiques soulèvent des questions complexes et centrales à la collectivité, au coeur des principaux enjeux de pouvoir actuels. Aujourd’hui, de nombreux artistes en arts médiatiques et numériques intègrent ces questionnements dans leurs œuvres. 

Le troisième et dernier volet du cycle BPLTC 2015-2016, se penche plus spécifiquement sur la question du contrôle alimentaire, à savoir le partage et le nonpartage des ressources alimentaires, écologiques et naturelles mondiales. Cette partie du cycle aura comme objectif d’identifier les mécanismes de contrôle étatique et économique qui exercent un impact direct sur les populations sensibles de notre monde, celles qui, par exemple, vivent dans le nord extrême ou les zones tropicales. Nous souhaitons, par cette exposition, exposer le décalage qui peut exister entre la perception que nous avons, dans les pays occidentaux, d’un monde connecté dans cette ère numérique vis-à-vis la réalité des peuples, autochtones ou autres, qui sont restreints dans leurs pouvoirs géo-bio-politiques. Que ce soit au travers d’une critique de l’industrie agro-alimentaire, une exploration collective des pratiques alimentaires rudimentaires, ou même une culture de semences génétiquement modifiées, les oeuvres présentées dans le cadre de cette troisième exposition mettent la lumière sur les tactiques de mobilisation communautaire déployées comme moyen de réagir à ces enjeux, enjeux de contrôle des humains, des territoires et de notre paysage alimentaire. 

 


La conception de l’artificiel comme copie du naturel n’est plus vraiment possible aujourd’hui.

Le maïs notamment, tout en étant lien à la nature, définit l’activité culturelle de l’homme. La production de maïs domestique se fait dans les champs, de façon de plus en plus mécanisée, par l’industrie agricole. Milpa Polimera (Arcangelo Constantini & Marcela Armas) présente ainsi un robot tracteur qui tourne en un cercle clos pour semer des graines artificielles, incluant une réflexion sur la biotechnologie et la transformation du vivant en son coeur-même. Les graines stériles ainsi semées constituent un objet culturel et économique duquel aucune plante ne repoussera jamais. Le cycle de vie et de reproduction est interrompu, et il n’existe plus aucune alternative, sinon celle de recourir, encore et encore, au système de production industriel. C’est un système fermé qui s’auto-légitime en cercle clos... L’imprimante 3D (qui imprime les graines) inclue dans le tracteur, quant à elle, utilise la technologie open-source promue par le travail collaboratif d’une communauté qui cherche à optimiser ses fonctionnalités et à en partager les codes et le savoir. C’est une confrontation de deux courants idéologiques absolument opposés, et que les technologies impliquées dans l’oeuvre permettent aux deux de co-exister. 

Arcangelo Constantini (Mexique), actif sur la scène artistique en tant qu'opérateur, commissaire et artiste, réalise des projets de recherche sur la relation entre processus cognitifs et technologie. Il construit des objets expérimentaux pour développer des hypothèses sur les phénomènes électromagnétiques et le spectre de la perception. Depuis 1997, il est particulièrement actif dans la production du net art, d'art sonore et de réflexion sur la réalité, au travers d'une pratique artistique qui vise à mener une analyse de la perception de l'environnement, qu'il appelle Onirique-concret-numérique. Le travail de Marcela Armas (Mexique) se situe au croisement entre art, science et technologie. Armas a exploré le potentiel poétique des matériaux et des mécanismes comme un point de départ à une réflexion sur la nature conflictuelle des relations sociales et processus humains dans une conception utilitariste. Elle s'intéresse à l'observation des processus et phénomènes matériels, leurs transformations, débordements ou émissions sonores en tant que manifestations de la pensée. Ses machines et outils sont construits à partir d'un questionnement sur la nature des matériaux qui les composent ; machine et outils en tant que signifiants. 


OS Fermentation (Leila Nadir & Cary Peppermint - Eco Art Tech) est une installation interspécifique, une classe de la cuisson lente, du rituel de guérison, et de la renaissance spirituelle de la collaboration humaine-microbienne.

Elle fait partie de la nouvelle série de sculptures sociales de Eco Art Tech, qui travaille en collaboration avec la communauté locale (humaine, bactérienne et écologique) pour faire revivre les pratiques alimentaires historiques et faciliter la récupération de ce que nous appelons «l’amnésie industrielle». OS Fermentation inclut : des images de «selfies» créées par les microbes à l’aide de matériel électronique et de logiciels qui enregistrent les variations du niveau de PH, d’oxygène, et des valeurs de couleurs du processus de fermentation ; des dégustations de boissons fermentées faites-maison par les artistes. 

Leila Nadir et Cary Peppermint (EcoArtTech, Etats-Unis) ont travaillé ensemble pendant plus de dix ans afin d'explorer les expériences contemporaines relatives à la nourriture, l'écologie, les médias et la mémoire. Travaillant simultanément comme artistes, professeurs, et critiques, et parfois reconnus comme EcoArtTech, ils créent des situations participatives et des sculptures sociales qui aident à soigner le désordre de la mémoire culturelle qu'ils appellent "l'amnésie industrielle". Au travers de collaborations ouvertes et expérimentales avec le public, leurs projets ramènent les pratiques alimentaires et environnementales menacées à une visibilité poétique, à leur perception par les sens, et aux actes simples du quotidien, sous la forme d'interventions architecturales et de circuits d'urbanités sauvages, de net art de performances publiques, d'articles académiques et d'essais poétiques. Leila et Cary ont reçu le soutien du Bemis Center for Contemporary Arts, du Center for Land Use Interpretation, de la New York Foundation of the Arts, du New York State Council on the Arts, de l'Andrew W.Mellon Foundation, de la K2 Family Foundation, de Culture Push, du Franklin Furnace Fund, et de nombreuses bourses académiques, et leurs œuvres font partie des collections du Whitney Museum, du Walker Art Center, de Rhizome.org, de Turbulence.org of New Radio & Performing Arts, et de la Cornell University Rose Goldsen Archive of New Media Art.


Evigaturen (Signe Liden) est une installation aux multiples facettes basée sur un instrument à très longue durée créé pour le Global Seed Vaut.

Les graines conservées dans un coffre situé à mi-chemin entre le Pôle Nord et la Norvège sont une copie de celles gardées dans les banques mondiales de graines dans le but de s’assurer contre une éventuelle extinction des ressources en cas de catastrophe à grande échelle, voire planétaire. L’idée de Evigaturen est de créer un dispositif sous forme de sculpture, mécanique, qui pourrait enregistrer toutes les activités au fil du temps, telles que la livraison de semences, la maintenance technique et le nombre de visiteurs, dans l’une des trois chambres intérieures où les graines sont en hibernation. Basé sur l’un des plus vieux principes d’enregistrement, le dispositif retranscrit le son de ces activités sur un support rotatif à l’aide d’une aiguille fixée à un cône. Trois enregistrements ont été effectués depuis 2012 et un quatrième enregistrement sera lancé pendant l’exposition à Eastern Bloc. 

Signe Lidén (Bergen, Norvège) explore, au travers de ses installations, instruments et performances, les paysages de l'artificiel et leurs résonances. Elle s'intéresse à la façon dont les lieux résonnent, en souvenir et questions, au travers de manifestations narratives et idéologiques. Son travail varie entre installations sonores et performances jusqu'à des formes plus documentaires telles que des essais et archives. Lidén a créé l'oeuvre sonore et vidéo Krysning/conflux pour le Dark Ecology Project (2014), la série d'installations Writings pour le European Sound Art Network Resonance (2013-14), et a collaboré avec Steve Rowell et Annesofie Norn sur le Cold Coast Archive (2010-12), une série d'expositions sur le Global Seed Vault présentée au Centre for PostNatural History de Pittsburg. Elle a reçu des commandes d'oeuvres de VOLT, Hordaland Art Center, Kusthall Oslo et Ny Musikk, Touch Radio, et Interferenze New Arts Festival.

Gratuit

14 janvier - 3 février 2016

  • Vernissage: 14 janvier 2016, 18:00
  • Atelier avec Eco Art Tech : 16 janvier 2016, 11:00 - 18:00
  • Heures d'ouverture: Mar - Dim, 12:00 - 17:00